Créations chez le sculpteur Claude Bertrand, 2016-2014

CREATIONS EN STAGE CHEZ
CLAUDE BERTRAND* – 2016
2014

 

*Claude BERTRAND, La Plaisannière 79310 Mazières En Gâtine est un Maître sculpteur passionné, passionnant et remarquable pédagogue.
Les stages se déroulent sur une semaine. Les roches et les matériel technique sont fournis par C. Bertrand. 

2016

Le Casque ou le Fâcheux, Marbre à résille verte de Payolle, Haute vallée de l’Adour, Pyrénées.

Les marbres de Campan-Payolle sont issus du plateau de Payolle, dans la haute vallée de l’Adour, Pyrénées. Plusieurs faciès ont été exploités depuis les romains et notamment les marbres de Campan « verts », « isabelle », «mélangés» et les marbres « griottes » à goniatites (ammonites) du Dévonien supérieur (Famennien, 374 Ma-359 Ma).

Cette sculpture de Casque ou Fâcheux, en «marbre rose et vert», est destinée à mettre en valeur la résille de chlorite verte qui s’est insinuée dans les anciennes strates (à 45° de l’axe de la statue, et en vert foncé) et dans les nombreuses et fines fractures perpendiculaires, ce qui donnait un maillage centimétrique sub-rectangulaire avant d’être plissé et déformé lors des tectoniques affectant les Pyrénées. De rares fantômes calcitiques de fossiles elliptiques peuvent être observés dans la roche ainsi que quelques veinules de calcite grise recoupant les résilles vertes.
Le Casque ou Le facheux. Marbre de Payolle à résille verte
Le Casque ou Le facheux. Marbre de Payolle à résille verte
Le Casque ou Le facheux. Marbre de Payolle. La résille verte souligne les strates et leurs fractures perpendiculaires
Le Casque ou Le fâcheux. Marbre de Payolle. La résille verte souligne les strates et leurs fractures perpendiculaires
Le Casque ou Le facheux. Marbre de Payolle. La résille verte souligne les strates et leurs fractures perpendiculaires
Le Casque ou Le fâcheux. Marbre de Payolle. La résille verte souligne les strates et leurs fractures perpendiculaires
Bibliographie sur internet:
Suzanne Raynaud & René Fabre, «Les marbres du Languedoc et des Pyrénées: de la montagne à l’ornement», Patrimoines du Sud, 4 | 2016 http://journals.openedition.org/pds/1000 ; DOI : 10.4000/pds.1000.
Excursion géologique sur quelques marbres des Pyrénées occidentales et centrales. Claude Majesté-Menjoulàs. Livret guide d’excursion géologique. ASNAT, juillet 2017

 

Médaillons, « Calcaire Marbrier » à résille rouge de Brignoles (Var).

Les “marbres” de Brignoles (Var) sont des dolomies et calcaires marbriers, d’âge Jurassique supérieur (161 Ma à 145 Ma), localisés sur le versant NE du pic de Candelon. Des failles fracturent ces roches et sont également à l’origine de brèches utilisées en marbrerie. Plusieurs faciès dits “rosé” (carrière supérieure) et “jaune” et “violet” (carrière inférieure) étaient exploitées en deux carrières superposées.

 

Le roche sculptée est beige; elle contient de fines calcites grises disséminées de formes circulaires (fossiles). Elle est recoupée par plusieurs réseaux de veinules :
  • Veinules de calcite blanche (puissance jusqu’à 15mm), recoupées par de
  • fines veinules de calcite translucide (puissance jusqu’à 5mm), bordées et recoupées par de
  • micro-veinules rouges (Hématite) (puissance < 1mm) constituant des joints stylolithiques plissotés

Les « Médaillons » sont : d’une part destinés à mettre en valeur ces résilles et notamment les rouges finement plissées et d’autre part permettent de voir des monstres souriants ou grimaçants.

Gentil monstre. Marbre de Brignoles à résille rouge
Gentil monstre. Marbre de Brignoles à résille rouge
Monstre plutôt grincheux. Marbre de Brignoles à résille rouge
Monstre plutôt grincheux. Marbre de Brignoles à résille rouge
Monstre souriant. Marbre de Brignoles à résille rouge
Monstre souriant. Marbre de Brignoles à résille rouge
Monstre un peu canard. Marbre de Brignoles à résille rouge
Monstre un peu canard. Marbre de Brignoles à résille rouge
Bibliographie sur internet:
Schéma départemental des carrières du Var
http://marogne.fr/varvillages/pages%20htm/candelon.htm

2015

Mirza, “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne

Le “marbre” extrait à Bouère, Mayenne, est un calcaire, compact à débris d’entroques (tiges de crinoïdes), gris clair à gris foncé, parcouru de veines rouge foncé à rouge sang et de veines de calcite blanche. Ces calcaires ont sédimentés au début du Carbonifère (Tournaisien supérieur à Viséen moyen ; 359 Ma-~335 Ma) (Mémento sur l’industrie française des roches ornementales & de construction BRGM RP/62417-FR 2014). La Carte géologique BRGM de Meslay-du-Maine à 1/50000ème précise que :
« le fond de la roche est formé de micrite à Fenestellidés (Bryozoaires), les veines bleues étant constituées de calcite spathique dont la cristallisation aurait été favorisée par la présence de coussins d’algues molles, non fossilisés. Cet ensemble calcaire massif formait plutôt des bancs sous marins que de véritables récifs. Les biohermes étaient entourés et recouverts par des calcaires à débris de Crinoïdes. »
Ces calcaires furent notamment extraits dans les carrières :
  1. de Bois-Jourdan : marbre gris foncé à veines blanches et taches rouges . Cette carrière a été rouverte et exploitée par la société MEAC.
  2. d’Enjugeraie. La carrière produisait un marbre rose dit »Sarrancolin de la Mayenne ».

La roche sculptée comprend une partie inférieure rouge sang développée, et une tête gris clair réduite. Le faciès rouge est recoupée par des veines de calcite blanche à rose. L’une d’elle (~1,5cm) recoupe également la partie grise mais se transforme en une résille de veinules millimétriques.

Le titre a été donné pour une exposition locale dont le thème était la chanson.
Mirza, "Marbre" de Bouère gris et rouge, Mayenne
Mirza, “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne
Mirza, "Marbre" de Bouère gris et rouge, Mayenne
Mirza, “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne

 

Mirza (de dos), "marbre" de Bouère, Mayenne
Mirza (de dos), “marbre” de Bouère, Mayenne
Mirza, "Marbre" de Bouère gris et rouge, Mayenne
Mirza, “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne
Bibliographie sur internet:
Mémento sur l’industrie française des roches ornementales & de construction BRGM RP/62417-FR 2014
Carte géol Meslay du Maine à 1/50000ème. BRGM
J Dépagne BRGM 73 SGN 002 BPL
http://bernard.langellier.pagesperso-orange.fr/pays-loire/mayenne2.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marbre_de_Bou%C3%A8re
Association for the Study of Marble and Other Stones used in Antiquity. International Symposium, ‎Max Schvoerer, ‎Centre de recherche en physique appliquée à l’archéologie – 1999
https://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/marbre_bois_jourdan

Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude
Le marbre rose-rouge incarnat à géodes blanches (« Stromatactis ») de Caunes-Minervois (« Marbres roses dits «Languedoc ») a été exploité en carrières. Aujourd’hui, sept carrières sont abandonnées, mais une est encore en activité (Carrière Incarnat, Les Terralbes). Dans ces carrières, la formation exploitée, d’âge Eifélien à Frasnien (397 Ma-374 Ma), est celle de calcaires métamorphiques à Stromatactis, dits marbres du Languedoc ». Ces calcaires se seraient déposés dans un milieu de faible profondeur à proximité de récifs » (Feist, 1977). Cette formation se localise dans la nappe tectonique du Minervois appartenant aux nappes du versant sud de la Montagne Noire.
*Les « Stromatactis » apparaissent en rubans gris-blanc contournés et anastomosés, à bords sinueux. Ils sont formés de calcite en cristaux fibreux, perpendiculaires aux épontes de calcaires rouges. Les Stromatactis résulteraient du remplissage de vides dans une accumulation bioclastique de débris récifaux (polypiers, stromatopores, grands crinoïdes). Ce sont ces  Stromatactis  qui ont donné leur célébrité à ces marbres de Caunes-Minervois, qui ont été exploités depuis l’époque romaine et utilisés comme marbre à différentes époques et notamment à partir du 17ème siècle en colonnes, pilastres, placages et objets sculptés que l’on peut voir au Grand Trianon à Versailles, à l’Opéra de Paris, ou à la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Carpentras. 

Le “métèque” a été sculpté dans un faciès rouge-orangé à 
“Stromatactis”, formant plusieurs couronnes. 
Le titre a été donné pour une exposition locale dont le thème était la chanson.
Je partage l’analyse de : “https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_le-meteque-de-georges-moustaki-une-chanson-performance-devenue-tube-a-partir-d-une-insulte?id=9821488” : cette chanson de Georges Moustaki, de 1969 est toujours d’actualité.
Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude
Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude
Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude
Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude
Bibliographie sur internet:
Notice explicative de la carte géologique de Carcassonne à 1/50 000 BRGM 1993.
https://inpn.mnhn.fr/site/inpg/LRO1008/tab/descGeologique
http://www.marbresenminervois.eu/marbres.php
Relance de l’industrie marbrière dans le grand sud-ouest, données économiques, inventaire des carrières, études des gisements sélectionnés.1983Rapport BRGM, n° 83SGN455 MPY AQI LRO
Bourrouilh R., Bourque P.-A., Dansereau P. et al.. 1998. Synsedimentary tectonics, mud-mounds and sea-level changes on a Palaeozoic carbonate platform margin : a Devonian Montagne Noire example (France). Sedimentary Geology, 118, p. 95-118
Feist R. 1977. Le Siluro-Dévonien du sud-est de la Montagne Noire et ses faunes de trilobites. Thèse d’État, Univ. Montpellier, 251 p.

2014

“Trois yeux-cinq bouches”, “la Romane” et “l‘enfant“, Marbre de Sarrancolin, Hautes-Pyrénées

“Les “marbres” de Sarrancolin se localisent dans les Hautes Pyrénées de part et d’autre d’une rivière, la Neste d’Aure. Ils ont été exploités en carrières, dont trois carrières sont encore en activité” ; cf. https://blog.marcmaison.com/marbre-sarrancolin-fantastico/  

“Ces “marbres”, déjà exploités par les Romains, furent notamment utilisés par Mansart et le duc d’Antin pour la décoration du Petit Trianon, du château de Versailles, des châteaux de la Loire, de l’Opéra Garnier à Paris”. cf.Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarrancolin

Pour Joseph Canérot, 2007, “Le marbre de Sarrancolin (Hautes-Pyrénées) comporte deux groupes de matériaux associés au sein des calcaires cénomaniens de la lame tectonique de Beyrède-Jumet: des brèches monogéniques massives remaniant ces calcaires et des remplissages de fissures et conduits ménagés dans les matériaux carbonatés ou bréchiques. Ces remplissages s’organisent en séquences associant, selon des modèles divers, des micro-brèches, des calcaires rubanés et des voiles argilo-ferrugineux. Brèches et dépôts séquentiels sont ici considérés comme résultant respectivement de la fracturation hydraulique des calcaires néocrétacés et de phénomènes karstiques ultérieurs. Ces diverses roches emplissent un réseau de fractures qui recoupe, dans la seule partie élevée des reliefs de Beyrède et de Ilhet, les bancs calcaires redressés à la verticale par la compression pyrénéenne de l’Éocène. Tardi (?) et post-tectoniques, elles relèvent à notre sens d’une longue évolution cénozoïque (oligocène et néogène) en milieu continental. Ainsi interprété, le marbre de Sarrancolin trouve sa place au sein du couloir de fracturation-karstification-bréchification transpyrénéen issu de l’affrontement oblique (transpression dextre NW-SE) entre Europe et Ibérie.” 

La sculpture a été réalisée dans une brèche polygénique à fragments sub-jointifs, millimétriques à centimétriques, anguleux à bords finement arrondis ou persillés de:

  • (1) calcaires (beiges, roses et gris clair) fossilières localement recoupés par des veinules calcitiques blanche ou beige,
  • (2) éléments de calcite blanche et
  • (3) clastes argilo-ferrugineux rouge sang.  

Cet aspect polychrome est renforcé par des résilles millimétriques argilo-ferrugineuses rouge sang ou calcitiques gris clair.
Elle présente trois personnages : “Trois yeux-cinq bouches” (le plus grand), “la Romane” et “l‘enfant” (le plus petit).

"Trois yeux-cinq bouches", Marbre de Sarrancolin, Hautes-Pyrénées
“Trois yeux-cinq bouches”, Marbre de Sarrancolin, Hautes-Pyrénées
"La Romane", Marbre de Sarrancolin, Hautes-Pyrénées
“La Romane”, Marbre de Sarrancolin, Hautes-Pyrénées
Bibliographie sur internet:
http://geolfrance.brgm.fr/sites/default/files/upload/documents/revues_articles_gf6-1-2007.pdf   Joseph CANÉROT 2007 Sur l’origine tectono-karstique et l’âge cénozoïque, tardi (?) et post-tectonique, du marbre de Sarrancolin (Hautes-Pyrénées) Géologie de la France, n° 1, p. 83-88, GÉOLOGIE DE LA FRANCE, N° 1, 2007
https://blog.marcmaison.com/marbre-sarrancolin-fantastico/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarrancolin

 

Le Lutin ou le Long-bec, Sismographe “sommaire”, Chêne

Ce sismographe en chêne est beaucoup moins perfectionné que le « sismoscope », inventé en 132 par le savant chinois Zhang Heng  [sismoscope  nommé Houfeng Didong Yi (“girouette des mouvements de la Terre”)], qui laissait tomber  de la bouche d’un de huit dragons une boule métallique dans un réceptacle en grenouille, ce qui permettait de localiser la direction de l’épicentre du séisme.


En effet, sont posés sur le “sismographe sommaire” en chêne, quelques petits rondins de buis en équilibre précaire.  Ils sont supposés tomber lors d’une secousse significative, ce qui permettrait de détecter la personne qui tape des pieds !

 

Le lutin ou le long-bec, Sismographe "sommaire", Chêne
Le lutin ou le long-bec, Sismographe “sommaire”, Chêne
Le lutin ou le long-bec, Sismographe "sommaire", Chêne
Le lutin ou le long-bec, Sismographe “sommaire”, Chêne
Bibliographie sur internet:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sismoscope_de_Zhang_Heng
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sismographe