Monstres rouges: Marbres & calcaires rouge-orangé, rose, orange-red & rose-coloured marble & limestone

Monstres rouges:
Marbres & calcaires rouge-orangé, rose. Orange-red & rose-coloured marble & limestone

 

Marbre rouge-orangé à «Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude

Le marbre rose-rouge incarnat à géodes blanches (« Stromatactis ») de Caunes-Minervois (« Marbres roses dits «Languedoc ») a été exploité en carrières. Aujourd’hui, sept carrières sont abandonnées, mais une est encore en activité (Carrière Incarnat, Les Terralbes). Dans ces carrières, la formation exploitée, d’âge Eifélien à Frasnien (397 Ma-374 Ma), est celle de calcaires métamorphiques à Stromatactis, dits « marbres du Languedoc ». Ces calcaires se seraient déposés dans un milieu de faible profondeur à proximité de récifs » (Feist, 1977). Cette formation se localise dans la nappe tectonique du Minervois appartenant aux nappes du versant sud de la Montagne Noire.

*Les « Stromatactis » apparaissent en rubans gris-blanc contournés et anastomosés, à bords sinueux. Ils sont formés de calcite en cristaux fibreux, perpendiculaires aux épontes de calcaires rouges. Les Stromatactis résulteraient du remplissage de vides dans une accumulation bioclastique de débris récifaux (polypiers, stromatopores, grands crinoïdes). Ce sont ces  Stromatactis  qui ont donné leur célébrité à ces marbres de Caunes-Minervois, qui ont été exploités depuis l’époque romaine et utilisés comme marbre à différentes époques et notamment à partir du 17ème siècle en colonnes, pilastres, placages et objets sculptés que l’on peut voir au Grand Trianon à Versailles, à l’Opéra de Paris, ou à la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Carpentras. 

Le “métèque” a été sculpté dans un faciès rouge-orangé à “Stromatactis”, formant plusieurs couronnes de géodes. 

Le titre a été donné pour une exposition locale dont le thème était la chanson.
Je partage l’analyse de : “https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_le-meteque-de-georges-moustaki-une-chanson-performance-devenue-tube-a-partir-d-une-insulte?id=9821488” : cette chanson de Georges Moustaki, de 1969 est toujours d’actualité.

Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude
Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude

Le Métèque, Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Caunes-Minervois, Aude

 

Bibliographie sur internet:

Notice explicative de la carte géologique de Carcassonne à 1/50 000 BRGM 1993.

https://inpn.mnhn.fr/site/inpg/LRO1008/tab/descGeologique

http://www.marbresenminervois.eu/marbres.php

Relance de l’industrie marbrière dans le grand sud-ouest, données économiques, inventaire des carrières, études des gisements sélectionnés.1983, Rapport BRGM, n° 83SGN455 MPY AQI LRO

Bourrouilh R., Bourque P.-A., Dansereau P. et al.. 1998. Synsedimentary tectonics, mud-mounds and sea-level changes on a Palaeozoic carbonate platform margin : a Devonian Montagne Noire example (France). Sedimentary Geology, 118, p. 95-118

Feist R. 1977. Le Siluro-Dévonien du sud-est de la Montagne Noire et ses faunes de trilobites. Thèse d’État, Univ. Montpellier, 251 p.

 

Marbre rouge-orangé à « Stromatactis » de Villefranche-de-Conflent, Pyrénées-Orientales.

Les calcaires dits «Marbre de Villefranche-de-Conflent» et calcaires rubanés. Cet ensemble, d5 de la carte géologique (B. Laumonier, 2016), hétérogène et essentiellement calcaire est compris entre des Calcaires et marno-calcaires à chailles et polypiers silicifiés et des Calcaires griottes rouges (qui constituent un horizon repère régional).

Les deux faciès les plus remarquables sont:

  • le Marbre “flambé” ou “flammé” de Villefranche-de-Conflent, qui est un calcaire à Stromatactis rose veiné de blanc, et gris clair bleuté;

  • des calcaires rubanés, parfois bréchiques

Âge : Dévonien moyen-supérieur p.p. (Givétien-Frasnien) ; le Marbre de Villefranche serait plutôt d’âge Givétien (387.7 à 382.7 Ma) et les calcaires rubanés seraient plutôt d’âge Frasnien (382,7 à 372,2 Ma).

Ces marbres “flammés” ont été utilisés dans les constructions et trottoirs notamment des villes de Villefranche-de-Conflent et Perpignan.

Bibliographie sur internet:

Rev. Géol. pyrén., 2016, 3, 1, 22 p.. Bernard Laumonier, notice explicative de la carte géologique à 1/25 000 du Synclinal de Villefranche-de-Conflent entre Jujols et Nohèdes (massif du Coronat, Pyrénées-Orientales, France)

Coque palmée. “Marbre flammé” de Villefranche-de-Conflent. Septembre 2019

Coque palmée. Marbre de Villefranche-de-Conflent. Septembre 2019
Coque palmée. Marbre flammé de Villefranche-de-Conflent. Septembre 2019
Coque palmée. Marbre de Villefranche-de-Conflent. Septembre 2019
Coque palmée. Marbre flammé de Villefranche-de-Conflent. Septembre 2019
Interrogatif. Marbre de Villefranche-de-Conflent. 2017
Interrogatif. Marbre de Villefranche-de-Conflent. 2017
Le Martien. Marbre de Villefranche-de-Conflent. 2018
Le Martien. Marbre flammé de Villefranche-de-Conflent. 2018
La Lame. Marbre de Villefranche-de-Conflent. 2017
La Lame. Marbre flammé de Villefranche-de-Conflent. 2017
Mère protectrice. Marbre rouge sang, Villefranche-de-Conflent, Pyrénées Orientales. Telethon 2016
Mère protectrice. Marbre rouge sang, Villefranche-de-Conflent, Pyrénées Orientales. Telethon 2016
Trois yeux. Marbre rose de Villefranche-de-Conflent. 2017
Trois yeux. Marbre rose de Villefranche-de-Conflent. 2017
Enigme. Marbre rose "pigeon" de Villefranche-de-Conflent. 2017
Énigme. Marbre rose « fleur de pêcher » de Villefranche-de-Conflent. 2017
Enigme. Marbre rose "pigeon" de Villefranche-de-Conflent. 2017
Enigme. Marbre rose “pigeon” de Villefranche-de-Conflent. 2017
Enigme. Marbre rose "pigeon" de Villefranche-de-Conflent. 2017
Enigme. Marbre rose “pigeon” de Villefranche-de-Conflent. 2017

 

Calcaire griottes à goniatites, dits “Marbres griottes”, région de Villefranche-de-Conflent, Pyrénées-Orientales.

Dans les Pyrénées orientales, le niveau repère des calcaires griottes à goniatites, dits « Marbres griottes », est une formation géologique mince (5-20 m), (d6 de la carte géologique de B. Laumonier, 2016). Elle est formée essentiellement de calcaires rouges violacés, orangés par altération, noduleux ; les “nodules” sont souvent des coquilles de goniatites (fossiles apparus au Dévonien et qui sont un ordre de la sous-classe des Ammonoidea comprenant notamment les ammonites) centimétriques, et parfois remplies par de la calcite blanche (faciès “œil de perdrix”; un fin réseau de veinules ferrugineuses brun-rouge sombre, se développe entre les nodules. Ces roches semblent avoir subies faiblement les déformations (les goniatites sont faiblement aplaties) et métamorphismes affectant les Pyrénées orientales.

Âge : Dévonien supérieur p.p. (Famennien, 372,2 à 358,9 Ma )

 

Bibliographie sur internet:

Rev. Géol. pyrén., 2016, 3, 1, 22 p.. Bernard Laumonier, notice explicative de la carte géologique à 1/25 000 du Synclinal de Villefranche-de-Conflent entre Jujols et Nohèdes (massif du Coronat, Pyrénées-Orientales, France)

"Marbre griotte", Belloc, Villefranche-de-Conflent, Octobre 2019
“Marbre griotte”, Belloc, Villefranche-de-Conflent, Octobre 2019
"Marbre griotte", Belloc, Villefranche-de-Conflent, Octobre 2019
“Marbre griotte”, Belloc, Villefranche-de-Conflent, Octobre 2019
Le tatoué au héron. "Marbre griotte", Octobre 2017
Le tatoué au héron. “Marbre griotte”, Octobre 2017
Le tatoué au héron. "Marbre griotte", Octobre 2017
Le tatoué au héron. “Marbre griotte”, Octobre 2017
Monstre amphibien au verso du tatoué au héron. "Marbre griotte", Octobre 2017
Monstre amphibien au verso du tatoué au héron. “Marbre griotte”, Octobre 2017

 

 

Bibliographie sur internet:

Le marbre griotte des Pyrénées-Orientales : carrières et monuments (XIe au XXe siècle) Griotte marble from the Pyrénées-Orientales: quarries and monuments (11th to 20th centuries).Michel Martzluff, Pierre Giresse, Aymat Catafau et Caroline de Barrau https://doi.org/10.4000/pds.1315 :

« Dans les Pyrénées catalanes, le choix de cette roche fossilifère fut limité dans l’art roman à deux sites de hauteur.
« Ce marbre griotte doit son nom à la couleur rouge sombre qui caractérise la petite cerise acidulée. »

« Les naturalistes du début du XIXe siècle avaient regroupé les roches « amygdalines » des Pyrénées sous le terme de « griottes » pour caractériser toutes les roches marbrières noduleuses du Dévonien en assimilant celles du Conflent à celles de la Haute Bigorre. »

« L’exploitation intensive de ce « marbre acajou de Ria » ne débute autour de Villefranche-de-Conflent qu’à la fin du second empire dans la carrière de Belloc où la ressource présente de francs défauts. Il n’en reste plus qu’un faible écho dans la belle fontaine publique de Prades. »

 

Le “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne

Le “marbre” extrait à Bouère, Mayenne, est un calcaire, compact à débris d’entroques (tiges de crinoïdes), gris clair à gris foncé, parcouru de veines rouge foncé à rouge sang et de veines de calcite blanche. Ces calcaires ont sédimentés au début du Carbonifère (Tournaisien supérieur à Viséen moyen ; 359 Ma-~335 Ma) (Mémento sur l’industrie française des roches ornementales & de construction BRGM RP/62417-FR 2014). La Carte géologique BRGM de Meslay-du-Maine à 1/50000ème précise que :

« le fond de la roche est formé de micrite à Fenestellidés (Bryozoaires), les veines bleues étant constituées de calcite spathique dont la cristallisation aurait été favorisée par la présence de coussins d’algues molles, non fossilisés. Cet ensemble calcaire massif formait plutôt des bancs sous marins que de véritables récifs. Les biohermes étaient entourés et recouverts par des calcaires à débris de Crinoïdes. »

Ces calcaires furent notamment extraits dans les carrières :

  1. de Bois-Jourdan : marbre gris foncé à veines blanches et taches rouges . Cette carrière a été rouverte et exploitée par la société MEAC.
  2. d’Enjugeraie. La carrière produisait un marbre rose dit »Sarrancolin de la Mayenne ».

La roche sculptée comprend une partie inférieure rouge sang développée, et une tête gris clair réduite. Le faciès rouge est recoupée par des veines de calcite blanche à rose. L’une d’elle (~1,5 cm) recoupe également la partie grise mais se transforme en une résille de veinules millimétriques.

Le titre “Mirza” a été donné pour une exposition locale dont le thème était la chanson.

 

Mirza, "Marbre" de Bouère gris et rouge, Mayenne
Mirza, “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne, août 2015
Mirza (de dos), "marbre" de Bouère, Mayenne
Mirza (de dos), “marbre” de Bouère, Mayenne
Mirza, "Marbre" de Bouère gris et rouge, Mayenne
Mirza, “Marbre” de Bouère gris et rouge, Mayenne

 

Bibliographie sur internet:

Mémento sur l’industrie française des roches ornementales & de construction BRGM RP/62417-FR 2014

Carte géol Meslay du Maine à 1/50000ème. BRGM

J Dépagne BRGM 73 SGN 002 BPL

http://bernard.langellier.pagesperso-orange.fr/pays-loire/mayenne2.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marbre_de_Bou%C3%A8re

Association for the Study of Marble and Other Stones used in Antiquity. International Symposium, ‎Max Schvoerer, ‎Centre de recherche en physique appliquée à l’archéologie – 1999

https://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/marbre_bois_jourdan

Le calcaire “ammonitico rosso”, dit
“marbre rouge de Vérone”

Le calcaire « ammonitico rosso », dit « marbre » rouge de Vérone (Marmo rosso di Verona), est un matériau de qualité ornementale, largement utilisé en architecture et en sculpture pour sa dureté et la variété de ses coloris.

Le terme « marbre » est impropre d’un point de vue géologique car, à la différence d’un marbre, le calcaire « ammonitico rosso » n’a pas été métamorphisé. Le terme «marbre», en marbrerie, désigne une pierre calcaire dure et solide, qui reçoit le poli.

Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016
Lobes. Calcaire «ammonitico rosso», dit Marmo rosso di Verona, septembre 2016

 

 

L’ammonitico rosso est un faciès de calcaires fins, plus ou moins argileux, colorés en rouge par des oxydes de fer (hématite), avec des nodules carbonatés. Il montre des mélanges de fossiles ou des variations rapides des faunes contenues dans ses strates. Les fossiles de l’ammonitico rosso sont à forte dominante pélagique (organismes vivant loin des côtes dans les eaux entre la surface et le fond) avec de nombreux céphalopodes (ammonites, nautiles, bélemnites), des lamellibranches à coquille très fine. Ce faciès contient aussi un microfaune est variée (radiolaires, foraminifères, ostracodes, …). Il témoigne de milieux de dépôts marins profonds (au moins 200 m), agités permettant une bonne oxygénation de l’eau, responsable de l’oxydation du sédiment. Le milieu de sédimentation de l’ammonitico rosso serait celui d’un haut-fond marin pélagique sur lequel se déposent des calcaires avec des phénomènes de non-dépôt ou de dissolution lorsque la profondeur augmente et approche ou dépasse le seuil de compensation des carbonates.

Âge : Jurassique moyen et supérieur (âge Bajocien à Tithonien  , ~168 – 151 Ma) dans la partie orientale des Alpes italiennes (Rosso Ammonitico Veronese)

Parmi les réalisations célèbres citons les arènes de Vérone , les baptistères de Parme et de Crémone, la Basilique San Zeno de Vérone, …

 

Bibliographie sur internet:  https://fr.wikipedia.org/wiki/Ammonitico_rosso

 

Marbre rouge de Vitrolles

Le calcaire rouge de Vitrolles, dit «marbre de Vitrolles», est extrait près de l’Étang de Berre, à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Ce calcaire argileux localement riche en Microcodium (fossiles calcaires, arborescents, de dimension millimetrique) est parsemé de géodes vacuolaire blanche à texture rubanée, ourlées de bordures colorées jaunâtres à brun.

Vacuités. Calcaire Rouge Étrusque de Vitrolles.
Vacuités. Calcaire Rouge Étrusque de Vitrolles.

Il est dénommé «Rouge Étrusque» parce qu’il rappelle le rouge particulier des vases Étrusques en argile polychrome des fouilles de Vulci.

Actuellement exploité comme gravier «Rouge Étrusque» de haute, qualité, il fut utilisé pour la décoration et l’est encore pour la sculpture. Il orne la cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille.

Âge : Montien (~61,6 – 59,2 Ma)

Vacuités. Calcaire Rouge Étrusque de Vitrolles.
Vacuités. Calcaire Rouge Étrusque de Vitrolles.

 

 

Bibliographie sur internet:

http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/1020N.pdf
Carte géologique à 1/50 000 Martigues -Marseille. BRGM Ed.

http://www.escavamar.com/fr/rouge-de-vitrolles-marbre.php

http://www.vitrollien.fr/articles/Paroles%20de%20Roucas/Carriere%20et%20sculpteurs.html